13 mois de voyage: le bilan de Mag

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Ca y est, notre voyage de plus d’1 an est fini. Alors, ai-je changé et si oui en quoi?

Voila mon bilan personnel, avec les tripes siouplé:

Le changement d’habitude alimentaire

Quand t’es dans d’autres pays que le tien, tu ne sais pas ce que tu vas pouvoir trouver à manger. Et à force de ne jamais trouver ce que tu pourrais avoir ENVIE de manger, tu te contente de manger pour couper ta faim.

Une des choses qui a été le plus difficile au début, c’était la disparition du désert à la fin des repas. Moi qui mangeais systématiquement un petit yaourt vanille, et bah là, c’était fini.

Le grignotage a disparu aussi. Les gâteaux et les chips étant réservé aux moments où il ne nous était vraiment pas possible de faire un vrai repas.

Mais par contre, ma consommation de bière a explosé! Je n’en buvais jamais en France, mais là, c’est le truc que tu trouves partout et pas cher (du coup, mon ventre en garde les traces, snif).

On a également fait grande consommation de jus de fruit frais ou de fruits coupés et ne plus pouvoir m’offrir une mangue pour moins de 50 centimes est clairement quelque chose qui va me manquer.

La perception du temps

Avant il aurait été impensable pour moi de passer 24h dans un bus ou d’imaginer faire 50h de trajet entre 2 destinations.

Aujourd’hui, je prend ça beaucoup mieux en me disant que ce sera l’occasion de lire, de regarder un film ou de dormir.

La rencontre de gens improbables

Durant cette année, j’ai connu plus de nouvelles personnes qu’en 3 ans réunis. Des gens avec qui j’ai partagé de sacrés bons moments et surtout des personnes que je n’aurais sans doute jamais connu dans un contexte parisien. On ne va pas se mentir, t’as beau être ouvert d’esprit, à Paris, les gens que tu rencontres sont surtout des amis d’amis et donc souvent des gens du même milieu que toi. Mais en voyage, le milieu devient seulement celui du « voyageur » et les horizons s’élargissent.

Est-ce que je les reverrais? Et bien peut-etre que si on se retrouve dans les environs de l’un ou de l’autre on se le dira pour boire un verre ensemble. Et pour certains, je compte vraiment essayer de les revoir pour refaire un apéro à l’ancienne et se raconter nos souvenirs de voyage!

La découverte de mon second souffle

Ceux qui me connaissent savent que je n’ai aucune passion pour le sport, mais alors aucune. Pourtant j’en ai essayé un paquet: judo, danse classique, danse moderne, salsa, planche à voile, volley et badminton! Et rien de tout ça ne m’a jamais passionné.

En plus j’avais plutôt une conscience de mes capacités physiques réduite à : « euh si c’est un peu dur c’est sur, je vais jamais y arriver ».

Alors quand avant de partir Ben m’a dit qu’il voulait faire des treks pendant le voyage, j ai blêmit.

Mais au final je les ai fait! J’ai fait 6h de montée sous 45° en Birmanie, j’ai marché 4jours dans le froid à Torres del Paine et j’ai monté je ne sais pas combien de marches ou de collines pour aller admirer des points de vue. Tout ça car j’ai enfin découvert mon second souffle. A chaque fois qu’on m’en parlait en sport je me disais que c’était une vaste blague et que jamais je n’avais senti un truc du genre… Mais oui en fait il existe bien!

Alors entendons-nous bien, je n’aime toujours pas marcher pour marcher, mais si à la clé il y a une vue magnifique ou une plage paradisiaque, maintenant je n’hésite plus.

J’ai même prévu de m’inscrire à un sport de combat au retour. Comme ça, c’est pas du sport pour du sport mais pour apprendre à se défendre. Et peut-etre que grâce à ça, je garderais mes nouveaux mollets plus musclées que jamais!

Une vision moins ethno-centrée

J’ai vécu une nettes améliorations de mes connaissances en histoire et géopolitique avec la visite de tous ses pays et les recherches faites pour approfondir des sujets. On se rend vite compte que beaucoup de zones noires de l’histoire française ne sont absolument pas enseignées a l’école. La où on nous vante le pays des droits de l’homme, on se rend compte que souvent la France a commis des actes très très critiquables.

Alors oui vous allez me dire que quand même en France on a globalement de la chance! Ca c’est très clair pour moi ne vous inquiétez pas. Je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai pensé ou dit en voyant des bidonvilles, des systèmes complètement instables, en visitant des dictatures, en voyant le traitement réservé aux femmes, en découvrant le montant du salaire minimum,  en observant des montagnes de détritus ou même tout simplement en prenant connaissance du nombre de jour de congés payes.

Mais pour autant, je trouve dommage que soient passées sous silence toutes les erreurs françaises. Comment ne pas les reproduire si on ne les enseigne même pas aux collégiens et lycéens. Et il faut comprendre dans quel système mondial elles se sont inscrites.

La aussi, mes intérêts ont évolués. Le 20h était la référence en terme d’info, aujourd’hui je trouve qu’il voit très petit. C’est trop superficiel de parler de ce qui se passe en France sans analyser les enjeux géopolitiques. L’actualité doit être mondiale pour essayer de l’appréhender correctement. Je vais peut-etre m’abonner au monde diplomatique! Et les livres historiques sont devenus mon nouveau passe-temps.

L’universalité de la violence et des atrocités

En visitant différents lieux dans différents pays, il y a une chose qui revient toujours, l’Homme a un potentiel à faire les choses les plus horribles qu’il soit.

Si vous trouvez que j’exagère, je vous invite a visiter les killing fields au Cambodge, le pont de la mort de Kachanaburi en Thailande, le musée de Hong Kong et sa partie sur l’occupation japonaise, le musée de l’inquisition à Cartagena, le musée des droits de l’Homme au Chili, etc etc. La liste est longue malheureusement.

Alors si je me posais déjà la question du bien fondé de notre espèce, je suis aujourd’hui encore plus pessimiste.

Les progrès en langue

Avant de partir, je maitrisais plutôt pas mal l’espagnol (mais il avait besoin d’un rafraîchissement) et vraiment pas terriblement l’anglais. Alors oui je savais dire where is my umbrella, mais ça ne s’est pas avéré très utile comme phrase.

En Asie, pour (essayer de) communiquer avec les locaux ou avec les touristes, j’étais donc bien embêtée. J’ai passé plusieurs soirées à essayer de comprendre la conversation, assise a la table d’américains, irlandais, hollandais et allemands. Et j’ai plusieurs fois renoncé en allant me coucher bien avant tout le monde.

J avais aussi un blocage pour le parler, avec la peur de dire n’importe quoi, de le dire avec un mauvais accent et de ne pas être compris. D’ailleurs une expérience a New York m’avait bien refroidi: je m’étais aventuré à commander un muffin dans un dinner et la serveuse m’avait fait répéter 5 fois avant de finir par « ooooh a muffin! ». Je te met au défi de trouver la grande différence entre muffin dit avec un accent en français versus celui avec l’accent en anglais… Pourtant c était incompréhensible pour elle!

Un autre truc que je détestais sur l ‘anglais c’est qu’on ma toujours répété que je n’avais pas le choix, qu’aujourd’hui il fallait parler anglais. J’ai donc toujours vu ça comme une obligation et jamais comme une source potentielle de plaisir.

Après 13 mois de voyage, je suis très fière de pouvoir dire que je peux maintenant regarder  un film en anglais sans sous-titres et quasiment  tout comprendre, passer une soirée à parler anglais sans problème et switcher sans hésitation du français ou espagnol a l’anglais. Et je me suis même mise à aimer cette langue, je la trouve drôle dans sa façon d’être imagée et ses constructions possibles de mot et elle a un aspect très positif ( peut-etre du a la façon de parler des américains que j’ai associé avec), contrairement au français que je trouve très sérieux.

Je me sens maintenant les épaules pour trouver un travail en anglais. Certes mon vocabulaire n’est pas parfait, mais je n’ai plus peur de faire des erreurs et’j aime apprendre de nouveaux mots.

Il y a même eu un moment, où en écoutant des chansons que j’avais toujours écouté, je me suis soudain mise à comprendre les paroles: j’avais l’impression qu’un nouveau monde s’ouvrait, un monde dont j’étais resté à la porte pendant des années!

Mais, parce qu’il y a bien sur un mais, certains accents rendent l’exercice de compréhension plus difficile, alors il va falloir que je bosse dessus!

Une autre vie est possible

Ma vision de la vie était la suivante: on fait des études, on les réussit du mieux qu’on peut, ensuite on travaille, aussi du mieux qu’on peut, on met de l’argent de coté au cas où et on espère une promotion et ainsi de suite. Je pourrais résumer ça par « dans la vie on fait pas ce qu’on veut, faut bosser mon petit gars, c est comme ça que ça marche et même si t’es pas épanoui, te plains pas y en a qui ont même pas de boulot et fais tout ce que tu peux parce que faut pas se planter ».

Malheureusement, je pense que cette vision est plutôt partagée: la peur du chômage, la raideur de la société française et le sentiment de culpabilité d’être privilégié aidant grandement.

Juste le fait d’etre parti en tour du monde, d’avoir quitté mon boulot et mon appart était donc un énorme pas pour moi! Un pas contre cette vision, un grand risque que de partir 1 an et de ne pas travailler et qu’est ce qu’allait valoir mon CV avec ce trou et qu’est ce que je ferais, etc. En bref, la frousse, les chocottes mais pourtant je l’ai fait parce que j’avais quand même l impression que j’y gagnerais.

Et j’ai eu raison! Aujourd’hui 1 an ça me parait insignifiant dans le temps d une vie et pourtant cette année m’aura tellement appris.

Il n’est plus question pour moi de passer des heures dans un boulot où je suis stressée et où je n’arrive pas a m’endormir le soir parce que je pense a tout ce qu’il me reste à faire. Impensable de subir des attaques verbales et de les encaisser au nom d’une entreprise et parce que je dois etre bonne dans mon poste.

Non, maintenant tout ceci je n’en veux plus et serait incapable de le supporter très longtemps.

Parce que le voyage m’a aussi appris à ouvrir ma bouche beaucoup plus souvent (pour décourager un arnaqueur ou tout simplement demander a des gens de se taire pour préserver mon sommeil) , je n’ai plus de problème avec le fait de hausser la voix et même de la hausser très fort. Et là ou je hochais gentiment de la tête en rongeant mon frein, maintenant… et bien maintenant ce sera moins silencieux!

Ma vision globale du travail a donc changé. Si je suis honnête avec moi-même, je ne vois plus que deux voies possibles:

– monter ma propre entreprise et faire donc ce que je veux comme je le veux et alors la les horaires n’auront plus d’importance car je serais libre

– ou trouver un travail pas trop usant qui me permettra de trouver ma liberté dans mes heures libres

Bien sur que cela aura des conséquences sur mes finances mais j’ai aussi appris qu’avoir une télé écran plat très grosse n’avait en fait aucune importance. Je compte d’ailleurs ne plus avoir de télé du tout!

Et si le système français ne veut pas de moi, alors j’irais ailleurs, parce que ça non plus, ça n’a plus vraiment d’importance. L’échec ne me fait plus peur non plus, au moins j aurais vraiment essayé !

Et j’ai l’impression que je m’en sortirai toujours. Ca ça doit être du aux petites galères traversés, au fait d’avoir voyagé dans des pays où les gens ne me comprenaient pas, a avoir tenu pendant 4jours de rando et dormi dans la neige et peut-etre aussi à la vie en communauté en auberge. Je me suis toujours débrouillée et plutôt pas mal je crois alors ça devrait aller!

Donc, à toi qui hésite assis dans ton canapé, qui te dit que quand même t’aimerais bien aussi faire ça, voila tout ce que j’y ai gagné et je n’ai pas regretté une seule seconde d’être partie.

Mais au cours du périple, j’ai aussi croisé des gens partis pour la même aventure et qui ont mis fin précipitamment au voyage car ils se sont rendu-compte qu’ils n’y arrivaient pas.

Alors voila ce qu’il faut bien prendre en compte avant de partir:

  • tu seras loin des tiens. C’est vrai il y a skype et facebook, mais si tu es du genre à ne pas envisager de passer une semaine sans voir tes potes et ta famille alors ça risque d’être compliqué. Il va falloir te débrouiller tout seul et passer aussi des soirées et des heures seul (ou a 2 si tu pars en couple)
  • va falloir faire sans confort. Fini ton petit appart douillet, tu n’as plus de chez toi, tu vas passer tes soirées et tes nuits en auberge de jeunesse où tout le monde n’a pas la même notion de la vie en communauté que toi (voir). Tu vas aussi faire des heures et des heures de bus et souvent dans des bus pas confort pour un sou. Oui tu seras fatigué, surtout si c’était un bus de nuit et que tu n’as quasiment pas dormi.
  • dis adieu à tes fringues de voyage. Tes fringues tu va les laver toi même et surtout les donner a des laveries qui n’en ont absolument rien a faire. Donc prépare toi a les retrouver rétrécies et délavées et à devoir les jeter au fur et a mesure.
  • il y a de grande chance que tu perdes ou qu’on te vole un truc. Faut en être conscient avant de partir, ton téléphone et/ou ton ordi, ça représente un bien inaccessible pour un paquet de gens dans les pays que tu vas visiter, alors prépare toi a l’avance à les voir disparaitre.
  • tu ne sauras pas comment ça se passe. Tu ne seras pas dans ton pays et tu ne connaitras donc pas les us et coutumes, les administrations etc. Tu n’auras donc pas d autres choix que de demander et faire confiance aux locaux.
  • et surtout, tu ne seras certainement pas tout à fait le même en rentrant!

Enfin, pour finir ce blog, merci à toi, oui toi qui nous a lu pendant tout le voyage et qui j’espère a pu partager un peu de nos aventures. J’espère aussi qu’on t’a donné des idées de vacances sinon de grand voyage.

Merci aussi à tous les gens qui sont venus nous rendre visite, famille et amis, vous aussi vous avez participé à faire de ce voyage quelque chose de génial!

Et à tous je vous dis à bientôt … pour l’apéro bien sûr!

10 thoughts on “13 mois de voyage: le bilan de Mag

  1. Bonjour
    Magnifique bilan je suis tout à fait d accord avec toi au bout de 11 mois de voyage
    L expérience pour nous avec 2 enfants nous a complètement changés

    En tout cas très beau blog et belle vidéo

  2. Mag

    Merci, merci, merci mille fois pour tous vos commentaires qui m’ont beaucoup touché! Merci aussi pour la lecture ce site et vos réactions au fil du voyage qui nous ont donné envie de continuer à écrire nos péripéties.

    MERCI

  3. FRDMO

    Bonjours à vous deux,
    Vous voici de retour en terre française, la tête pleine de souvenirs et d’expériences.
    Nous tenions à vous remercier pour ces lectures de vos péripéties tout au long de votre voyage.
    Merci pour ce que nous avons appris et pour nos sourires à la lecture de votre tour du monde.
    Et si Mag fait un petit album « jiraioutuiras », sans oublier d’y inclure son bilan ses on achète!
    Merci à vous deux
    FRDMO

  4. Chabane Émilie

    Magnifique dernier post. Vraiment contente pour vous, que ça vous et t’ai apporté autant Mag.
    A bientôt pour l’apéro. Bisous

  5. Lu

    Merci de nous avoir faire partager votre voyage à travers ce blog. C’était toujours très chouette de vous lire ! Et quel beau bilan !! Hâte de vous revoir 🙂 A très vite

  6. Pedro

    Très content d’avoir pu vous croiser (même si ce fut très très bref) et d’avoir un peu suivi tout ça. On est tout de même très loin de l’Europe au Chili. Bon courage pour la suite, je pense qu’on se recroisera.

  7. Merci pour ce superbe bilan et blog qui nous a permis de continuer à voyager après être rentrés !

    G

  8. Martareche Monie et Jean

    Tu t’es découverte à travers ce voyage et tu as l’air d’avoir réussi ce que tu cherchais en fait…être toi même et avoir pris de l’assurance…super…nous, nous avons pris beaucoup de plaisir à vous lire et à vous imaginer traversant tous ces pays….Qui sait, peut être repartirez vous pour visiter tous les coins du globe que vous n’avez pas eu l’occasion de visiter…
    Nousvous souhaitons le meilleur à tout les deux pour l’avenir.
    Gros bisous

  9. julie

    Superbe bilan…. Lucide et riche en tout point. Merci d’avoir pris le temps de ces lignes. Welcome home 🙂

  10. Milou

    Mag,
    Je suis sincèrement heureuse pour toi de lire ce dernier com. Il est touchant et sonne juste (la TV, tu as raison , 3 années sans et je suis toujours en vie ! et TF1 ..pfffff ) . Pour tout le reste, j’ai l’impression que l’on revient toujours changé d’une telle expérience. Tu as laissé ce que tu pensais être il y a 1 an et tu reviens aujourd’hui avec celle que tu es vraiment…c’est très chouette tout ça. J’ai hâte de te voir et puis maintenant, le Limousin va te paraître beaucoup plus proche ! Je t’attends 😀 A très bientôt. Bisous.

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