Café et palmier à Salento

Quand on pense « Colombie », on pense automatiquement meurtres, drogues et cartel. C’est malheureusement presque tout ce qu’il reste comme image à l’étranger. Mais cette image est de plus en plus fausse et il y a encore autre chose, quand on pense « Colombie » on pense aussi au café.

En effet la Colombie est le 3ème exportateur mondial de café et notre voyage nous amène à présent dans la « Zona Cafetera« , la région où est produit la majorité du café Colombien.

Nous arrivons sans problème de Cali à Armenia où nous attrapons de justesse le minibus pour Salento.

Salento est un petit village très touristique, au beau milieu de cette zona cafetera. Le village est mignon avec ses maisons colorés et est entouré de belle montagne.

Etant arrivés de nuit, on n’a pas pu profiter de cela à notre arrivée. On est allé directement poser nos affaires dans une auberge avant de ressortir manger un bon burger. Le bar/resto où l’on est allé manger a un coin dans lequel on peut jour au « tejo ».

Le tejo est un jeu typique colombien qui consiste à lancer un palet en métal sur un cible afin de faire exploser des petits sachets de poudre posés sur la cible (un exemple ici). On n’y a pas joué mais on a assisté à une démonstration de la part des ricains qui y jouaient (en tout cas qui essayaient d’y jouer, on n’a pas beaucoup entendu la poudre exploser).

Après une bonne nuit de sommeil, on est partis le lendemain faire l’une des activités phare du village, la randonnée dans la vallée de Corcora.

PALMIERS GEANTS ET FROMAGE DANS LE CHOCOLAT

Cette vallée est célèbre pour les palmiers géants qui la peuplent.

Nous voici donc en marche de bonne heure vers la place centrale de Salento, d’où partent les belles jeeps qui servent de navette vers la vallée. Là, pas mal de touristes. Il y a pleins de Willys (jeep), mais ils optimisent tout de même bien les départs en nous faisant rentrer à 14 par voiture.

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Le chemin n’est pas très long et très beau, au milieu des fincas de café et autres champs ou montagnes bien vertes.

Arrivés sur place, on se met en route le long d’un chemin qui monte doucement au début. À notre gauche on aperçoit les premiers palmiers, mais les autres sont un peu perdus dans le brouillard. On continue la route à notre rythme (tout le monde va plus vite que nous sur ce chemin, on ne comprend pas trop pourquoi les gens tracent autant) et celui-ci commence à grimper un peu plus. La vallée verdoyante et ses troupeaux de vaches laisse place à la foret. Ça change mais c’est tout aussi beau.

DSC06984Après une bonne heure de marche on arrive à un embranchement et c’est là que les choses se corsent. À partir de là il ne reste que 700 mètres avant d’arriver en haut de la montagne. Mais ces 700 mètres vont être plus durs que tout le reste réuni. La montée est bien raide, Maggy me maudit, maudit la montagne, la Colombie, la terre et tout ce qu’elle peut, tout en jurant de ne plus jamais faire de rando.

Malgré tout, en faisant des pauses régulières, on fini par arriver en haut. Ouf, le plus dur est passé! En haut de le montagne il fait bon, il y a des jolis colibris et une petite maisonnette qui propose du chocolat chaud. Pour fêter ça, je commande celui de Mag « avec fromage ».

Whaaaaat?? Du chocolat chaud avec du fromage??? T’es sérieux?? Et oui, nos chers amis colombien l’aiment comme ça. Ils prennent le fromage, le mettent dans le chocolat et le mangent/boivent ainsi.

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On s’est dit que ça ne pouvait pas être bien mauvais… mais en fait si, ça peut! La moitié du fromage restera donc gentiment dans l’assiette tandis que l’autre moitié (moins quelques morceaux) restera au fond de la tasse. Et nous on se casse (jolie rime) reprendre la route.

La deuxième partie est bien plus tranquille, le chemin DSC07027est large et descend doucement, c’est une jolie promenade en forêt au début et assez vite on arrive au milieu de ces incroyables palmiers géants. Quand je dit géant, je veux dire géant-géant. Beaucoup plus grand que la plus grande de tes copines.

C’est donc assez impressionnant, d’autant qu’il y a en a plein. On profite donc bien de la vue, et comme souvent, au moment où on sort l’appareil pour immortaliser tout ça, bim, il commence à pleuvoir. Heureusement la pluie n’a pas été trop violente. On a pu faire des photos quand même et continuer notre balade.

On est repassé au milieu des vaches et on a rejoint le point de départ.

De là, après une courte attente, on s’est entassés dans un Willy et on est rentrés sur Salento passer la fin d’aprèm tranquillement dans des hamacs à écrire des articles avec une jolie vue sur la forêt.

LA FINCA DE CAFE

Deuxième matin à Salento, Mag reste se reposer à l’auberge tandis que je pars de mon côté visiter une finca de café. En grand amateur de cette boisson, je ne pouvais pas passer dans le coin dans aller voir d’où venait mon arabica favoris. Non, faux, je ne bois jamais de café. Ce jour, ce jeudi 9 avril 2015, sera le jour où je boirai le 2ème café de ma vie (le 1er étant un café contenant moins de café que de lait concentré sucré, bu au Laos). Un grand jour donc.

Bref, me voici donc parti à pied vers la finca, 45 minutes de marche en plein soleil + 10 minutes à l’arrière d’un camion plus tard j’arrive au panneau d’entrée de la finca. Mais c’est une feinte, il reste  encore une bonne montée avant d’y être vraiment.

Enfin j’y suis, la visite commence peu après, avec 2 français, 1 belge et une mamie ricaine.

Notre guide va nous emmener à travers toutes les étapes de la semence, récolte, traitement et vente du café. On verra en tout cas comment ça se passe dans cette plantation là, une plantation responsable (le café peut difficilement être Bio nous dira-t-elle).

Pour vous expliquer rapidement, si ça vous intéresse, quelques points principaux: (si ça ne vous intéresse pas, rendez-vous de suite au paragraphe suivant).

  • La Colombie est le 3e producteur de café au monde (derrière le Brazil et le Vietnam).
  • Les 4 premiers pays (ajouter l’Indonésie à la liste) produisent 65% du café mondial.
  • En Colombie tout est récolté manuellement et on n’utilise que de l’Arabica (type de plante).
  • Par opposition, au Brésil on utilise essentiellement du Robusto qui est une plante différente et en général traitée mécaniquement.
  • Dans les plantations de café on trouve d’autres arbres: des bananiers (pour la consommation principalement et la vente) et des grands arbres pour faire de l’ombre. Ainsi l’arbre à café travaille tranquillement a l’ombre, produit plus et le fruit mature plus lentement et prend plus de sucre= meilleure qualité de café.
  • Ils utilisent ici 60% de compost / 40% engrais chimiques. Car le café est un plante fragile et a besoin de plein d’apports que le compost ne peut pas apporter.

 

  • Entre la plantation de la graine et la première récolte il se passe 3 ans.
  • L’arbre produit un fruit rouge ou jaune, appelé cerise, qui contient 2 graines de café.
  • La plante produit toute l’année (avec des mois plus importants que d’autres)
  • Elle produit du café pendant 5 ans avec un pic la 3ème année, ensuite on coupe la plante et on replante les parties coupées. En tout, avec ce processus, une plante est utilisée 20 ans.

 

  • Après la récolte les cerises sont triées par une machine: graine d’un cote / peau de l’autre. La graine de café reste 12h dans l’eau pour fermenter puis est séchée (la peau est utilisée pour le compost). Le séchage se fait soit en silo soit par le soleil, sous serre.
  • Ensuite il y a un tri manuel en fonction de la qualité du grain: top qualité d’un côté le reste de l’autre.
  • Le café est exporté à cette étape. Donc après le tri, les grains entiers et secs.
  • Dans cette finca, 70% du café est exporté (c’est souvent plus).
  • Pour exporter tous les producteurs passent par la fédération des cafetiers, qui se charge des négociations/exportations.
  • Ensuite il sera torréfié dans chaque pays selon les gouts des consommateurs. Avec souvent un mélange de café de 1ère et seconde qualité.
Le café à toutes les étapes

Le café à toutes les étapes

Petit conseil de pro pour finir: ne jamais faire de café avec de l’eau bouillante sinon l’eau perd son oxygène (qui doit réagir avec le café) et en plus elle crame le café.

Après avoir vu et appris tout cela, place à la dégustation. Je me suis dit que s’il y avait un moment pour se forcer à boire un café c’était bien maintenant.

Elle nous prépare donc un café allongé, qu’elle ne sucre évidement pas (elle ne nous a pas formellement interdit de la faire, mais bizarrement personne n’a osé).

Et là, hmmmm. Dans un premier temps, l’Arôme. Cet arôme chaud et épicé qui vient caresser vos narines. On pourrait le sentir pendant des heures, ce nourrir de cet arôme, vivre par et pour lui. Puis vient enfin le goût. Waouw, le régale en bouche et en gorge. Poivré, un peu muscadé. Fort et doux à la fois. Un goût si prenant, si envoutant qu’on en oublie que le monde existe.

Non, j’exagère, ce n’était pas mauvais, mais je ne peux pas dire que je me soit régalé non plus. Je préfère toujours un bon chocolat chaud. Mais je peux dire que j’ai bu un café un vrai, de Colombie et sans sucre silvousplait. Je pense que mon frère sera fier de moi.

Je ferai le chemin de retour au pas de course avec les deux français (le belge étant à moto, et la mamie trop lente), pour arriver pile à temps pour me doucher rapide avant le check-out, choper un sandwich vite-fait sur la route et monter dans le mini-bus direction la ville de Pereira. De là, on prendra un autre bus pour Medellin. La route est belle, le paysage toujours fait de belles collines très vertes et il fait déjà nuit quand on arrive après 5 heures de bus à Medellin.

4 thoughts on “Café et palmier à Salento

  1. NicoFredo

    En tout cas,il font pas trop d’ombre ces palmiers … et pour accrocher son hamac près des palmes, ben faut déjà être un peu grand

    Quant à moi, entre IAM et NTM, euh … j’hésite
    Mais moi aussi je suis fier que mon petit garçon soit devenu un homme, un vrai, de ceux qui boivent du café quoi! maintenant, tu seras un homme mon fils

  2. Seb

    C’est vrai qu’ils sont ouf ces palmiers en tout cas!

  3. Seb

    Bien sûr que je suis fier, petit frère boit du café pour paraître grand (Oui je suis plus iam qu’ntm moi!)

    • Ben

      ahah, je suis content que tu ai relevé ma citation! moi je boycott IAM depuis que Akhenaton a été racheté par Coca-Cola 🙂

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