Canyon de Colca: Trek au dessous d’un nid de condors

Arrivés à Arequipa depuis Puno, nous avons passé un jour à nous balader dans la ville, puis, Mag étant malade, je suis parti tout seul faire un trek dans le Canyon de Colca.

Après le réveil à 4h30 du matin pour aller faire la Death Road en Bolivie, les Péruviens se sont dit qu’ils allaient faire mieux: réveil à 3h du matin pour aller faire un tour dans le Canyon del Colca.

La Canyon del Colca est « proche » d’Arequipa. Proche c’est à dire quand même 5 heures de van. Mais c’est la grande ville qui sert de point de départ.

Pour aller voir le canyon, plusieurs options:

Option 1: en 1 jour: on monte dans un van qui nous emmène à différents point de vue

Option 2: en 3 jours: on part en van jusqu’en haut du canyon, on descend à pied, on marche dans le canyon et on remonte à pied

Option 3: en 2 jours, comme l’option 2 mais en plus intense pour que ça tienne en 2 jours

J’ai chois l’option 3, histoire de partir moins longtemps et de forcer un peu plus.

Car ce que je ne vous ai pas encore précisé c’est que le canyon del Colca est un des canyons les plus profonds du monde (à priori le 2 ou 3ème) avec 3400 mètres de profondeurs.

Réveil, van et brouillard

Me voici donc parti de Arequipa vers 3h30 un beau matin (en pleine nuit en fait). Après quelques heures de bus où tout le monde essaie avec plus ou moins de réussite de dormir, on s’arrête prendre un petit dej puis on remonte en bus jusqu’au mirador de « Cruz del Condor ».

Un mirador qui offre une vue fantastique sur les environs et qui est un point d’observation parfait pour voir des condors. Oui, sauf que en cette saison, il y a un brouillard quasi permanent au niveau du mirador et qu’on ne voit pas à 10 mètres.

Pas grave, on remonte dans le bus et on roule encore pas mal de temps (n’ayant rien pour m’indiquer l’heure pendant ce trip, ma notion du temps est assez vague) avant d’arriver au début du trek.

Là, je fait connaissance avec mes copains de trek: un couple d’argentins, un couple de ricains et le guide.

Phase 1: la descente

Capture d’écran 2015-02-25 à 23.32.33Après quelques explications, le guide initie la descente. Et il part super vite le bougre! Pour moi pas trop de problème, j’arrive à le suivre. Mais les deux couples derrière galèrent et on leur met régulièrement 200 mètres d’avance, ce qui ne préoccupe pas du tout le guide qui continue sa route à son rythme.

De temps en temps (très rarement) il s’arrête pour attendre et repart dès que les autres arrivent. Du coup j’ai passé à peu près toute la descente à discuter avec le guide (qui apprend le français), les quatre autres loin derrière.

Il faut l’avouer la descente est rude: ça descend sec, le chemin est étroit et très vertigineux. (J’en profites d’ailleurs pour vous prévenir si vous allez là bas un jour: pas de Canyon de Colca si vous avec le vertige, ça serait une mauvaise idée.) Un chemin comme les aimaient les Incas. Sauf que ce chemin existe depuis moins de 10 ans et que les Incas ne sont jamais arrivés jusque dans ce canyon!

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C’est intense donc, mais vraiment très beau. L’avantage de la saison des pluies est que le canyon est assez vert (il est tout sec le reste de l’année), le paysage est magnifique, notamment avec la rivière que l’on voit passer tout en bas. Et pour couronner le tout, nous avons vu plein de condors. En réalité je pense qu’on n’en a vu que 4 différents, mais comme ils sont passés plusieurs fois, ben ça devient « pleins de condors ». 

(En revanche, désolé mais impossible de faire une jolie photo des condors…)

Après environ 3 heures de descente pure, on arrive en bas du canyon. DSC06000On traverse la rivière sur un pont moderne et on remonte quelques dizaines de mètres de l’autre côté, jusqu’à un tout petit village très vert. Le guide nous explique que les habitants du village, comme tous ceux que l’on croisera dans le canyon, vivent de l’agriculture et nous fait remarquer que la route n’arrive pas jusqu’au village. Le seul moyen d’amener/sortir des marchandise est à dos de mule à travers les chemins abruptes qui remontent le canyon.

On déjeune dans ce hameaux, un lomo saltado à base de viande d’alpaga, très bon, et j’ai juste le temps de faire une micro-sieste au soleil avant que l’on ne reparte. Les gens qui font le trek en trois jours terminent leur première journée ici, nous on va continuer jusqu’à l’étape suivante.

Phase 2: montée, plat et re-descente

On repart donc de plus belle: toujours sur un gros rythme, sauf que là ça grimpe. Et ça grimpe sec encore, pas très longtemps mais quand même. Arrivé en haut je me retrouve nez-à-nez avec l’arrière-court d’une maison dans laquelle il y a un stock d’une centaine de cochons d’inde. Ils sont très mignons, mais ça fait bizarre de se dire qu’ils sont là pour être bouffés un de ces quatre.

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Bref, après la montée, ça sera du plat pendant une bonne heure, en suivant la rivière que l’on voit en contrebas. La vue est toujours très belle, c’est encore plus vert que le matin et on voit mieux la rivière. Très régulièrement, et même au milieu de nul part, on croise des affiche pour des élections locales. Être colleur d’affiches ici doit être un métier assez particulier.

Comme on est maintenant de l’autre côté, on voit le versant par lequel on est descendu le matin même. Ça paraît tellement abrupte qu’on a du mal à croire qu’il y ait un chemin.

Après le plat, on arrive enfin à un point de vue depuis lequel on voit notre destination du jour: une oasis magnifique, perdue au fond du canyon, près de la rivière. D’ici on peut voir que c’est joli, très vert et avec de belles piscines en pierres naturelles.

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Le seul problème c’est qu’avant de mériter ça, il faut redescendre. Et après la descente du matin, les genoux font déjà mal.

Mais on n’a pas le choix, d’autant qu’il commence à pleuvioter. On arrive en bas les jambes et les genoux bien chargés et malgré le ciel gris, on se baigne quasiment tous dans les belles piscines.

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La soirée passe assez vite, baignade, douche, une bière bien méritée et un repas joyeux partagé avec un autre groupe. A 22h tout le monde est au lit, de toute façon il n’y a aucune lumière ici, on est donc à la bougie depuis plusieurs heures déjà!

Phase 3: une montée de dingue

Le lendemain, réveil à 4h45. Le programme de la matinée est simple: on est tout en bas du canyon, il faut remonter tout en haut!

Pour ceux qui ont la flemme ou qui n’y arrivent pas, il y a l’option de monter à dos de mule. Mais par gout du défi et pour ne pas payer les 60 soles que coute la mule, très peu le feront. Seulement 3 personnes sur une bonne trentaine qui remontait ce matin là. Et franchement ça m’a étonné d’en voir si peu car la montée est vraiment tendue!

Ça monte hyper raide, et non stop. La consigne était de le faire en 3 heures afin d’être dans les temps pour la suite du programme.

Quitte à galérer, j’ai décidé de galérer plus mais moins longtemps et de le faire en mode défi. Après un démarrage assez lent avec le reste du groupe, le guide m’a dit que je pouvais attendre en haut. Je me suis mis en mode machine et ai commencé à grimper vite.

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J’en ai chié, vraiment, mais je suis arrivé en haut en moins de 2 heures. Il y avait déjà deux mecs (j’ai démarré avec un Neo-Zélandais mais il était vraiment trop rapide) et on a regardé arriver tout le monde, les uns après les autres. Tous épuisés mais content d’être arrivés au bout.

Phase 4: route et repos

Après ça, nous sommes allé petit dej puis avons enchainé sur des sources d’eau chaude (qui n’ont aucun intérêt mais qui font beaucoup de bien aux muscles) et sur un « buffet » dans un restau touristique. Là, avec mes nouveaux potes argentin et une chilienne, nous avons failli en venir au main avec le patron car on refusait de payer plus de la moitié du prix. On nous a en effet vendu un buffet et au final il n’y avait plus rien le temps qu’on aille se servir. Donc payer cher pour 3 morceaux de patate ça ne passait pas.

Finalement on est parti en payant la moitié, notre guide se rangeant du côté du patron et nous faisant la gueule tout le voyage retour jusqu’à Arequipa. C’était marrant.

En rentrant sur Arequipa j’ai retrouvé une Maggy toujours aussi malade et nous sommes allés faire un resto de… patate (ils ont 4000 sortes de patate ici, donc on peut en manger tout le temps mais varier quand même!).

Ces deux jours dans le Canyon de Colca était assez intenses physiquement, mais ça valait largement le coup tant le paysage était beau, et la balade intéressante de part les explications du guide. Je recommande!

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