De Panama City à San Juan del Sur: 43 heures et 4 bus

Depuis six mois que l’on est en Amérique du sud et que l’on raconte nos plans de voyage aux gens, ceux qui connaissent (car ils arrivent dans le sens inverse souvent) nous répètent la même chose:  » le Costa Rica c’est magnifique mais c’est très cher et super touristique ». On nous a maintes fois répété que c’était sans doute un super pays mais pas dans le cadre d’un voyage long.

On nous a aussi plusieurs fois précisé que c’était plus cher encore que le Panama. Or, notre passage au Panama nous a fait assez mal au budget. De plus, après 1 an de voyage, on commence à fatiguer un peu, on est toujours partants pour voyager, faire du bus, des dortoirs et manger pour pas cher, mais on ne sent pas de devoir faire des sacrifices sur le confort à cause du prix, on n’a plus trop le courage pour ça.

Donc, après beaucoup d’hésitations, notre décision est prise: dès notre atterrissage à Panama City (on a un vol de retour là-bas bas déjà réservé) on part le plus vite possible vers le nord, avec pour objectif d’arriver sans trop de pauses au Nicaragua.

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Back to Panama

Retour à Panama City le 15 avril donc, 15 jours après l’avoir quitté pour s’offrir un peu plus de temps en Colombie.

On retrouve la ville plus chaude encore que la dernière fois mais surtout plus humide. On se sent tellement moites que ça rappelle l’Asie!

Ce n’est pas notre auberge qui va nous faire oublier la chaleur: la clim ne fonctionne que la nuit et dur de se rafraichir sous la douche, il y en a 3 pour 40 personnes (et elles font aussi toilettes, donc vous imaginez le taux d’occupation…).

On finira quand même par arriver à se doucher. On mange et on se couche dans notre dortoir de 15 personnes… Tout ça  pour 17$ par tête. Quand je parlais de ne plus avoir à sacrifier le confort ça commence mal!

Le lendemain je pars tôt à la gare d’Albrook (où décidément on est amené à passer très souvent) et booke un billet direct jusqu’à San Jose au Costa Rica. Départ prévu à 11 heures du soir, on a donc toute la journée pour découvrir un peu plus la ville.

DSC07116On occupera cette journée à se re-balader dans la vieille ville, manger un ceviche très (trop ?) frais au marché aux poissons et à visiter le musée du canal. Ce musée est super intéressant, il retrace toutes l’histoire de la conquête de l’Amérique en la replaçant dans le contexte de l’époque. Il explique en détail le pourquoi du canal avant de se pencher sur sa construction, sa gestion etc. Il y a aussi une partie sur la vie au Panama et une expo photo retraçant l’histoire du pays. Sur ce plan là c’est plus précis et détaillé que tous les musées que l’on a fait jusqu’à présent. Passionnant donc, mais le problème c’est que tout ça est présenté sous forme de grands textes trèèèèès longs.

Après une bonne heure on a à peine fini la première salle! Et lire debout face à un paneau en espagnol pendant une heure, c’est faiguant.

Du coup, on passe très vite les autres parties. À mon avis c’est un musée a faire en deux ou trois fois!

On terminera la journée dans un supermarché kacher assez surprenant: grand comme un carrefour mais avec presque que des produits importés d’Israël! Et le tout en plein milieu de la ville, mais un peu caché. Chelou. Enfin bon l’essentiel c’est qu’on trouve de quoi se faire des bons bagels au saumon fumé à l’auberge. Ça nous avait manqué ça aussi!

Ce petit plaisir gustatif terminé, on retourne une dernière fois à Albrook pour prendre la bus.

Panama City à San José
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il fait froid!

Après nos expériences de bus de nuit au Panama de la dernière fois, on redoutait pas mal ce voyage. Je vous laisse imaginer notre joie donc quand on a vu que le bus était loin d’être plein et qu’on allait donc avoir deux places chacun toute la nuit. Le grand luxe!

Résultat: on a passe la meilleure nuit dans un bus depuis pas mal de temps!

Départ à 23 heures de Panama City donc, une pause vers 2h30 du matin et la pause suivante (que l’on ai remarqué en tout cas) est à 6h45 du matin a la frontière avec le Costa Rica.

On passe à l’heure costaricaine,  il est donc d’un coup 5h45. On decend du bus, sort nos sacs, fait tamponner côté panaméen, paye 1$, remet les sacs dans le bus, passe côté Costa Rica, fait tamponner nos passeports et se remet en rang avec nos sacs. Jusque là tout est allé assez vite. Mais là, je sais pas trop pourquoi, nos nouveaux amis du Costa Rica nous laissent poireauter une bonne heure avant de se décider enfin à jeter un (demi) œil à nos sacs et à nous laisser repartir. En tout 2h pour passer la frontière. On préférait largement notre arrivée au Panama par les San Blas, sans doute le passage de frontiere le plus cool du monde!

Billets de banque du Costa Rica

Les billets costaricains

Bref, on se remet en route et on traverse le Costa Rica. Entre deux sessions de sommeil j’ai pu voir beaucoup, beaucoup de vert, des belles forets et pas grand chose d’autre le long de la route. On arrive à San Jose à 13h30 et on se met en route pour chercher le bus suivant. Le problème c’est qu’à San Jose (contrairement à la plupart des villes que l’on a vu jusque là) il n’y a pas de gare routière principale. Au lieu de ça il y a une dizaine de gares disséminées dans la ville. Super pratique!

On applique donc une stratégie assez éprouvée: Mag se pose à un café avec les sacs pendant que je pars, bien plus léger, chercher un bus.

Après bien des échecs, on fini par trouver un bus départ 17h vers Liberia, la dernière « grande » ville avant la frontière. On aurait du y être à 21h mais c’était sans compter les bouchons de sortie de capitale un Vendredi soir et il est donc 22h passées quand on arrive.

À ce moment là, ça fait donc 25 heures que l’on est parti de Panama, dont plus de 20h dans un bus.

Liberia, la frontière, Rivas et enfin San Juan!

On est contents d’arriver même si on sait que le lendemain il nous reste bien 5 ou 6h avant notre destination finale: San Juan del Sur, au Nicaragua!

Logiquement après ce long trajet (en même temps c’est vrai qu’on traverse 2 pays en 2 jours) on ne devrait plus se taper trop de longs trajets avant longtemps. Enfin c’est ce qu’on espère!

A Liberia, on trouve un resto assez animé où la carte propose pas mal de plats mexicains (est-ce parce que l’on se rapproche pas mal du Mexique?), ce qui n’est pas pour nous déplaire. On en profite bien sûr pour goûter une bière costaricaine et admirer leurs billets de banque, colorés et animalés (on peut tout payer en dollar ici, mais vu le taux pratiqué dans ce cas, ce n’est pas intéressant).

Casado

Casado, « disfruta lo mejor »!

Le lendemain, après avoir mangé un « casado » (spécialité costaricaine qui partage de façon forte amusante son nom avec Maggy) on continue notre route: départ en taxi cette fois pour la gare de bus. Là un bus part directement pour la frontière.

Attention, petit précision: quand je dis « bus » maintenant je ne parle plus des grands et beaux bus du Chili, Argentine ou autre. C’est du bon bus local, où la mama à côté vous écrase à moitié, la clim est un rêve dans la tête de chacun et la musique est assez forte pour couvrir les coups de klaxon incessants.

Nouvelle frontière moins d’une heure plus tard: on paye une taxe de sortie du Costa Rica et on se dirige vers le champs de poussière parsemé de quelques cabanes qui fait office de frontière côté Nicaragua. Là on paye une taxe d’entrée, on se fait poser des nouveaux tampons sur nos passeports, on évite une nouvelle taxe que l’on pensait être une arnaque (mais apparemment c’était une vraie taxe!), et on monte dans un chicken bus sur le départ direction la ville de Rivas.

DSC07171Nos premiers pas (ou roues pour être précis) au Nicaragua offrent le tableau suivant: sur notre droite l’immense lac Nicaragua sur lequel flotte le cône parfait du volcan Conception.  Entre nous et le lac, une forêt d’éoliennes. Et on se rend compte de deux choses qui vont se confirmer par la suite: 1/ tout est hyper sec 2/ il fait une chaleur de dingue.

(En fait on apprendra que le mois d’Avril et l’un des deux mois les plus chaud de l’année. Et, comme c’est la toute fin de la saison sèche, tout est brulé et attend les fortes pluie de Mai pour reprendre des jolies couleurs vertes).

Grosse tristesse dans ce bus quand on se rend compte que l’on a oublié nos beaux Panama tout neufs dans le bus précédent. #loose

On avait lu que Rivas était un peu la plaque tournante des transports dans le sud du Nicaragua. On est donc bien surpris quand on voit cette fameuse gare!

Rivas-nicaragua

Le hub de transports de Rivas

Aucun guichet, de la terre, des estrades pour attendre le bus et voilà. 10 minutes après avoir refusé des taxis qui nous proposaient 20$ pour aller à San Juan del Sur en nous affirmant que le prochain bus était 2 heures plus tard, on monte dans ce fameux bus que l’on paye 0,8$ chacun… C’est sans doute le pire de tous les bus, il est plein à craquer, s’arrête partout et il fait une chaleur incroyable. Mais c’est le dernier!!

Vers 17 heures, après 43 heures, 4 bus, 3 tentatives d’arnaque, 2 frontières et 200€ de frais divers, on est passés de Panama City à San Juan del Sur, sur la côté Pacifique.

 

4 thoughts on “De Panama City à San Juan del Sur: 43 heures et 4 bus

  1. Chloé

    Ahhh Albrook! Au moins il faut avouer qu’elle est pratique!

    • Ben

      Pratique et rapide d’accès. Et heureusement vu le nombre de fois où on y est allé!

  2. NicoFredo

    Sympa l’entrevue avec Jack Daniels?

    Dites, à force de tampons de-ci de-la, ils ne devraient pas tarder à être pleins vos passeports, non? Il va falloir commencer à envisager soit de les faire renouveler, … soit de rentrer.
    Ici, le printemps arrive; temps idéal!
    Gros bisous de Jacou

    • Ben

      ce bon vieux Jack n’était pas très causant!

      Plus beaucoup de place sur le passeport de Maggy, donc on a pris l’option 2… le printemps français 🙂

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