Epreuve de patience entre le Laos et le Cambodge

Hop, on se lève tôt pour quitter Don Det et le Laos. Même pas le temps de petit déjeuner, on se dépêche de se rendre à l’embarcadère pour prendre la barque qui nous fera passer de l’autre côté du fleuve. On se rend ensuite à l’arrêt de bus où nous attend un employé de la compagnie. Et là c’est parti pour le discours justifiant l’argent que l’on doit lui donner pour le passage de frontière: le prix du visa, normal, mais aussi 1$ pour le timbre de sortie du Laos, 1$ pour le contrôle sanitaire, 1$ pour ci ou pour ça.

Nous ne sommes pas surpris parce qu’on avait lu que ce passage de frontière est une vaste arnaque (pour ma part je dirais que le Laos tout entier est le pays de l’entourloupe – Ben se désolidarise de cette opinion).

Mais d’autres voyageurs se montrent surpris et osent poser des questions sur les sommes demandées et alors là… le gars de la compagnie de bus donne tout ce qu’il peut! Il se vexe, puis se met en colère, fait semblant de partir, dit qu’il ne supporte pas d’être traiter de menteur, que puisque c’est comme ça il ne s’occupera pas de leur visa, blablabla… Et ça marche! C’est incroyable! La grande majorité des personnes s’excusent de lui avoir posé des questions sur les 32$ qu’ils vont devoir lui donner! Alors même si la démarche me dégoute, j’avoue que je dis chapeau-bas monsieur, une grande carrière de manipulateur vous attend.

Après avoir rempli les papiers nécessaires au passage de frontière, on restera encore plantés là pendant 45 min avant de prendre un bus qui nous conduira au bord du pays. Là, le Alain Delon du bus nous fait attendre sur le côté pendant qu’il s’occupe de notre sortie du pays. Au bout de 15min, il revient nous chercher et nous emmène jusqu’à l’entrée du Cambodge où l’on doit passer le contrôle sanitaire qui justifie 1$/personne.

« Contrôle sanitaire », ça fait flipper comme mot en soi. On s’imagine une visite médicale un peu comme une visite d’embauche, avec contrôle de la vue, petit gobelet et docteur en blouse blanche qui vous dit si vous êtes apte ou pas à rentrer dans le pays… Alors qu’en fait ça consiste tout simplement en un mec qui vous bipe avec un appareil en plastique, en le plaçant à 5cm de vous et qui vous montre ensuite fièrement le résultat affiché qui doit être votre température corporelle. Ben et moi avions 34°C selon ce précieux outil de mesure et je soupçonne tout le monde d’avoir eu le même résultat. Pourtant personne ne semblait être en hypothermie.

Tant qu’à extorquer de l’argent aux touristes, il se sont dit qu’ils allaient faire ça en se foutant ouvertement d’eux.

Une fois ce passage primordial pour la santé de tout le monde passé, Alain Delon nous fait patienter dans un petit restau sur le bord de la route. On patiente… et on patiente.. et on achète des cookies (bruit de caisse enregistreuse pour Alain Delon)… et on patiente… et on achète à boire (encore un peu plus dans la poche d’Alain) et on attendra comme ça pendant 2h.

Après ce long moment, Alain nous emmène enfin vers un bus. On roule un petit moment puis les gens allant à Siem Reap sont invités à descendre. Nous on reste encore dedans, puis on fait un tour dans la ville pendant 15 bonnes minutes avant de revenir exactement au même point!

Et là des personnes allant au Laos montent. On nous emmène ensuite un peu plus loin et on nous fait descendre. 

Là on attendra un minivan pendant 45 minutes et quand il arrive, on se rend vite compte qu’on est bien nombreux pour le nombre de places. On s’entasse donc. Concrètement, tout le monde est serré et tout le monde écrase les sacs ou valises des autres qui ont été mis à nos pieds. Certains sont même assis entre deux sièges. Et c’est parti pour des heures là-dedans.

Et pour finir cette journée correctement, le chauffeur décide de faire un arrêt diner alors que nous ne sommes plus qu’à 5km de Kratie, notre point d’arrivée. Bien sûr il fait croire que la distance est plus longue pour que les gens commandent à manger. Quand on lui fait remarquer qu’on aurait pu attendre, il nous écarte gentiment des autres et nous parle tout bas pour nous dire que d’autres vont plus loin que Kratie et qu’ils ont le droit de manger… mouais, quels égoistes nous sommes!

Et enfin, alors que nous sommes partis à 8h du matin, on arrive à 19h à Kratie. Soit plus de 10h pour faire 200km! Ah, et ce que je n’ai pas précisé, c’est qu’on nous avait à tous vendus un billet bus vip tout confort!

Ce passage de frontière est le PIRE que nous ayons fait depuis le début du voyage. Mais nous avions hâte de quitter le Laos (surtout moi c’est vrai) et nous voici enfin au Cambodge.

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