Palais et couvent à Cochabamba

On arrive à Cochabamba sous la pluie et le groupe se sépare. On prend un taxi pour se rendre à un premier hotel conseillé par le guide et, surprise, le prix est bien plus élevé que prévu. C’est donc parti pour 15 minutes de marche, sac-à-dos sur le dos, pour rejoindre un deuxième hotel et, re-surprise, il est en rénovation donc complètement fermé. Bon bah, toujours sous la pluie, on se dirige vers un 3e hotel cité dans le guide et sur le chemin, on tombe sur un autre qui a l’air tout neuf. On la tente et banco c’est dans nos prix! 

Pour continuer sur ce bon début de journée, on défait nos sacs et là je découvre que mes affaires sont trempées. Je ne sais pas comment, mais dans la soute du bus, la pluie a du réussir à rentrer et à ruiner mon sac. La chambre d’hotel se transforme alors en étendoir géant et je passe un quart d’heure a essayer de sécher mon backpack avec mon mini seche-cheveux Muji à la puissance égale à celle d’un escargot. Nous n’avons pas prévu de rester longtemps et un sac mouillé, qui retrempera mes affaires à chaque trajet, ce n’est pas vraiment quelque chose que je peux me permettre. Mais, je me rend vite compte que mon mini Muji ne pourra pas faire des miracles donc on part se balader et je croise les doigts très forts pour que tout soit sec demain.

DSC05755Comme nous n’avons finalement pas réussi à faire le monastère à Sucre, on décide tout de suite d’aller faire le Couvent de Cochabamba: celui de Santa Teresa. La visite guidée est très intéressante. On se balade dans cet ancien bâtiment (les soeurs vivent maintenant dans une nouvelle aile interdite au public) et on découvre leur mode de vie. Les soeurs faisaient partie de l’ordre des Carmelites, un des plus strictes. A l’époque, toute famille de Cochabamba et des environs essayaient d’envoyer leur fille aînée là-bas, croyant ainsi se garantir une place au paradis. Les filles rentraient donc au convent vers l’âge de 14 ans et n’en ressortaient plus jamais.

Selon l’argent donné par la famille, les filles devenaient des « voiles noires » pour les plus riches ou des « voiles blanches » pour les plus pauvres. Les journées étaient consacrées à la prière et les soeurs n’avaient pas le droit de parler, sauf une heure par jour mais en faisant un ouvrage utile du type tapisserie. Leur famille pouvait venir les « voir »: façon de parler car l’entretien se faisait avec un rideau au milieu qui empêchait toute vision de la soeur et une autre soeur surveillait l’échange.

Lors de la visite on découvre la chapelle où elles venaient écouter la messe mais étaient séparées des gens de la ville par des grilles et un rideau, leurs cellules et les instruments de pénitence, le jardin où elles cultivaient tout ce dont elles avaient besoin et le cabinet de médicament de la soeur pharmacienne (un médecin n’était appelé qu’en tout dernier recours et toutes devaient se cloitrer dans leur chambre pour ne pas le croiser).

En 1960, le Vatican se rendant compte des conditions inhumaines d’un tel couvent, proposa aux soeurs de s’ouvrir à une façon de vie plus moderne. Elles refusèrent, ayant toujours vécu de cette façon mais en 2004 elles cessèrent de vivre recluses. Aujourd’hui, il n’en reste que 9 dans le nouveau bâtiment.

On ressort de la visite un peu sonnés et forcément en tant que fille aînée je me dis que j’ai eu bien de la chance de ne pas avoir vécu cette vie-là! Mais de façon générale, en Bolivie, il y a beaucoup de fois où je me suis dis que j’avais beaucoup de chance.

DSC05758Pour se changer les idées et parce qu’on a faim aussi, on va se balader à l’immense marché de la ville. J’en profite pour faire une aparté: en Bolivie, il est quasiment impossible de trouver un supermarché, même dans les grandes villes, parce que tous les boliviens vont faire leur course au marché. On y trouve donc de tout et celui-ci est particulièrement immense: pièces détachées, cahiers, déodorants, vêtements, chaussures, jouets, fruits et légumes, pâtes, etc.

Après quelques minutes de balade (il y a tellement de monde que ça devient vite oppressant), on mange à un stand. Hop-là, deuxième aparté bien placé, qu’est-ce que ça donne la nourriture en Bolivie? Sur les marchés et dans beaucoup de restaurants, on peut trouver pour 12 bolivianos, un « almuerzo » soit un déjeuner. Il est toujours composé d’une soupe, d’un plat principal et parfois d’un dessert. Pour ce qui est du plat principal, ça tourne très souvent autour des mêmes choses: escalope milanaise de poulet ou poulet frit ou du boeuf très très cuit, le tout accompagné de riz et de patates. Généralement après avoir mangé ça, vous vous sentez tout graisseux. Pour changer on peut faire des végétariens qui sont souvent moins gras. Mais donc soyons honnête, on ne se régale pas du tout en Bolivie.

DSC05748Après ce repas huileux, on se dirige vers la deuxième grande attraction de la ville: le Palacio Portales (traduit, ça donne le Palais Portail à cause de son immense portail d’entrée), demeure d’un homme ayant fait fortune dans les mines de Potosi dans les années 20 et qui décida de se faire construire une immense maison dans le style européen. Malheureusement, tout comme les photos étaient interdites au convent, ici non plus on ne peut pas en prendre à l’intérieur. On ne peut donc pas vous montrer le hall en marbre, la salle de bal tout en bois, la bibliothèque au plafond peint et le splendide salon de jeux au style arabe! Pour la blague, ce monsieur est mort avant que sa maison soit finie et sa famille l’a légué à la ville pour en faire un centre culturel.

Le lendemain, le sac quasi sec, on quitte Cochabamba pour se diriger vers LA grande ville: La Paz!

2 thoughts on “Palais et couvent à Cochabamba

  1. Ouch on n’aurait pas ri à 14 ans en Bolivie XD Cuidate ! <3

    • Mag

      Oh que non poulette! Heureusement que nos parents ont plutot choisi de nous envoyer au village en espagne!

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