De Puerto Iguazu à Salta, pour boucler la boucle

Allez c’est la reprise, fin des vacances (façon de parler, hein). On se sépare de nos potes pleins de tristesse à Iguazu après avoir passé 15 jours au top ensemble…

Premier constat dès les premières minutes qui suivent leur départ: ça fait super bizarre se retrouver à deux au lieu de 7. Ça parait trop calme tout ça, on préfère quand c’est un peu plus moins calme…

Mais c’est reparti, on vainc le blues en se rappelant qu’il nous reste tellement à voir et à faire. A commencer par définir notre programme pour les jours qui viennent par exemple.

Globalement on sait qu’on doit être mi-fevrier au Pérou pour retrouver Lucie (ma soeurette). On sait qu’avant ça on veut visiter la Bolivie dont on a entendu tant de bien. La première question est donc de savoir comment rejoindre la Bolivie depuis Puerto Iguazu.

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On gros il y a deux options (j’exclu d’office l’avion qui est hors de prix, surtout en cette période de grandes vacances sud-americaines).

– Option 1: traverser le Paraguay puis repasser en Argentine au niveau d’Asuncion pour rejoindre Salta et remonter en Bolivie (vous suivez?)

  • Les plus: un nouveau pays, assez improbable et un gain de km certain
  • Les moins: un nouveau pays (le passeport de Mag se rempli vite et on préfère éviter les nouveaux tampons quand on peut), le Paraguay est apparemment un pays peu accueillant et peu intéressant (selon 98% de nos sources), un gain de kilomètres, mais au final pas de temps.

– Option 2: contourner le Paraguay en restant en Argentine: Puerto Iguazu/Corrientes/Salta puis remonter

  • Les plus: pas de nouveau tampon, bus fiables et confortables
  • Les moins: les bus ont l’air très rares et pleins sur ce trajet

Vous vous en doutez, nous partons sur l’option 2. Tant pis pour le Paraguay.

Puerto Iguazu >> San Igniacio

Une fois cette décision prise, on se met en route. La première étape sera San Ignacio, à seulement 250 km au sud de Puerto Iguazu. Cette petite ville est au coeur de la région des missions jésuites et en possède une des plus belles dans la ville même.

On prend donc le bus à Puerto Iguazu dans une chaleur intenable et sous un soleil de plomb. Sur la route le temps change et au bout de quelques temps il pleut des cordes. Cela nous permet d’observer les petits défauts de notre bus, notamment le fait que le toit ouvrant arrière fuit et que l’eau tombe donc à grandes goutes dans le couloir. Pas de problème, on finira le voyage avec nos sacs sur les genoux, ce qui nous permettra au passage de moins souffrir du froid de la clim. Tout s’arrange.

Après une fin de voyage sans problème, on débarque à San Ignacio. On pose nos affaires à l’hostel (dont la spartiatetée de la chambre nous choque après les dernières maisons louées avec nos potes) et on part faire le tour de la ville bourgade.

San Igniacio

Une petite heure, juste le temps de voir que c’est une ville très petite, dont toutes les rues ne sont pas pavées, dont beaucoup de maisons paraissent à l’abandon, dans laquelle la jungle est toujours reine et l’animation inexistante (ou alors invisible). La seule chose à signaler est que l’on est tombés dans une rue sur une répétition pour un carnaval. Un chanteur, des percus et pleins de danseurs (surtout des danseuses) qui bougent leur fesses en rythme. C’était marrant.

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On n’a pas pu s’incruster parcequ´ils connaissaient déjà tous les pas et qu’on ne serait sans doute pas passés inaperçus! D’autant que dans cette région d’argentine autrefois terre des guaranis, les racines indigènes sont fortes et les visages très typés. On a donc plus de mal a passer pour des locaux qu’à Buenos Aires par exemple.

Pour pas mal des raisons ci-dessus on se dit que cette ville nous prépare un peu à la Bolivie.

Apres un sandwich et un couché de bonne heure, on se réveille le lendemain dès 7h++ pour aller voir l’Attraction de la ville: les ruines de la mission jésuite de « San Ignacio mini », classées au patrimoine mondial de l’unesco.

Un petit peu de d’histoire sur ces missions jésuites si vous me le permettez:

Au XVIIe siècle, l’ordre religieux de La compagnie de Jesus participe à la colonisation de l’Amérique du Sud pour la couronne espagnole.

Forts malins et plus tolérants que d’autres, les Jésuites décident de créer des Missions Jésuites ou « réductions »: des petits villages réunissant jusqu’à 5000 guarani et au sein desquels ceux-ci peuvent (plus ou moins) conserver leurs traditions. Ils sont « accompagnés » par deux prêtres jésuite qui apprennent le guarani afin de faciliter l’évangélisation.  

Les historiens parlent de société utopique et communiste quand ils se réfèrent au système des Missions. Les biens de la communautés étaient redistribués équitablement, les journées de travail duraient à peine 6 heures, tous les enfants étaient éduqués (on dit que c’était la première communauté au monde entièrement alphabétisée) et les arts étaient particulièrement développés. Les missions étaient très prospères et bénéficiaient en plus d’une exonération d’impôt de la part du roi d’Espagne (ce qui participera à leur perte).

Les missions offraient également aux Guaranis une protection contre les chasseur d’esclaves brésiliens 

Mais comme dans ce monde les bonnes choses ne peuvent pas durer, les missions ont subit pas mal de revers, avant d’être tout simplement détruites pour la plupart après l’expulsion des Jésuites au XVIIIe siècle.

Si vous voulez en savoir plus et avez quelques heures devant vous, vous pouvez regarder le film Mission (1986) avec notamment De Niro.

On fera donc la visite avec un DSC05263guide argentin -qui articule à peu près autant que s’il parlait avec 4 empanadas dans la bouche- mais qui rend la visite un peu plus intéressante (c’est pas fou non plus hein). On verra donc un petit musée sur l’histoire des missions jésuites, puis la mission elle même: les habitations, la place principale, le cimetière, l’immense église, la cour réservée au prêtres. Le tout parsemé d’arbres qui ont profité de l’abandon des missions pendant des centaines d’années pour reprendre leurs droits. Un peu comme a Angkor, on peut voir des arbres encercler complètement des poutres ou des pans de murs.

La visite terminée on fait un plouf rapide dans la piscine de l’hotel (un peu frustrés de ne pas pouvoir en profiter plus, pour une fois qu’on a une piscine à dispo!) et on repart à la station de bus, dans une chaleur intenable et sous un soleil de plomb.

San Igniacio >> Salta

Ah oui, pour info, on n’a pas pu réserver de bus jusqu’a Salta, ils sont tous pleins. On va donc aller de San Ignacio jusqu’au Posadas puis de la à Corrientes et une fois là bas on verra bien..

On s’en sort assez bien et n’on attend pas plus de 10 minutes à San Ignacio puis 2 minutes à Posadas et on continue notre chemin vers Corrientes toujours en logeant le fleuve Parana, frontière entre l’Argentine et le Paraguay. Le Parana est parfois si large qu’on croirait longer la mer, et parfois si étroit que mon téléphone reçoit texto sur texto de free qui me dit alternativement: « free vous accompagne en Argentine » et « free vous accompagne au Paraguay ».

Une fois à Corrientes je cours faire le tour des compagnies de bus pendant que Mag récupère les sacs (organisation assez habituelle maintenant). Je fini par en trouver un qui part 15 minutes plus tard. On à chopé les deux dernières places du dernier bus. Ouf.

Apres une très mauvaise nuit (il faisait 30 degrés dans le bus, tout le monde en nage, jusqu’a ce qu’ils allument la clim pour la nuit, portant alors la température à environ 14 degrés, tout le monde grelottant) on arrive enfin à Salta. On est à peu près aussi frais qu’une bière oubliée en plein soleil, mais content d’être arrivés « rapidement ».

Ça nous fait tout bizarre de retrouver Salta, cette ville ou l’on avait fait nos tout premiers pas en Argentine il y a plus de trois mois.

La ville n’a évidement pas changée, il fait juste un peu plus chaud. Mais surtout ce qui nous marque c’est que la population de backpacker a été multipliée par 30!

Là où l’on était les seuls avec deux trois autres la dernière fois, ça grouille de backpacks maintenant. De quoi nous rappeler que ce sont les grandes vacances ici (et qu’il faudra sans doute se préparer a ce qu’il y ai du monde partout jusqu’à fin février).

7 thoughts on “De Puerto Iguazu à Salta, pour boucler la boucle

  1. DUBONDIE

    Bonjour,

    Pour le trajet Puerto -> Iguazu savez s’il est simple de trouver des bus et s’il y en a fréquemment ? Nous voudrions partir d’iguazu vers 17h pour arriver dans la soirée à San ignacio. Faires les missions le lendemain main pour ensuite partir vers Salta.

    Par ailleurs pour faire San ignacio-> Salta est ce simple ?

    Merci

  2. Vincent

    Salut, je pars en Amérique du Sud le 28 avril. Après une arrivée à Rio puis un passage à Iguazu je souhaitais prendre un bus direct en direction de Salta. En lisant ton article (très intéressant), j’ai l’impression qu’il est plus compliqué que prévu de trouver une place! Me conseille-tu de réserver à l’avance? Connais-tu un site ou c’est possible? Combien coute un billet de bus direct Iguazu-Salta?

    Et enfin, combien de temps faut il prévoir pour visiter Salta et ses environs?

    Merci beaucoup!

    Vincent

    • Ben

      Hello Vincent,

      Content pour toi, tu va te régaler!

      Pas forcément besoin d’acheter les billets en avance, là on a galéré parceque c’était début janvier (donc les grandes vacances en Amérique du Sud) en temps normal on n’a jamais eu de soucis. En deux mois en Argentine on n’a jamais acheté de billet sur internet (sinon tu paye au change officiel et c’est plus cher!). Les principales compagnies sont Andes Mar, Flecha Bus, Chevalier, Via Bariloche… mais il y en a plein d’autres selon les trajets.
      Le mieux est de réserver quand tu arrives sur place.
      Aucun idée du prix du bus direct en revanche. Pas sûr que tu puisses le faire sans changer à Corrientes.

      Pour ce qui est de Salta ça dépends mais 2 ou 3 jours pour la ville, 3 jours pour la boucle Sud et 3 pour la boucle Nord ça paraît pas mal. Si tu n’as pas le temps, je conseillerai de ne garder que la boucle Sud.

      Voilà.
      Fais moi signe si tu as d’autres questions!

  3. Naomi

    Que d’aventures pour arriver à Salta! Merci de nous détailler votre parcours, c’est ce que je compte faire en novembre prochain donc ça m’aide pas mal!
    Est ce que vous pouvez me dire à peu près le prix des tarifs des bus de Iguazu a Salta svp?
    Merci d’avance!
    Naomi

    • Mag

      Bonjour Naomi,
      voici ce qu’on a payé à chaque fois pour 2 personnes:
      – iguazu – san ignacio: 374 pesos
      – san ignacio – posada: 56 pesos
      – posada – corrientes: 490 pesos
      – corrientes – salta: 1473 pesos

      Profite bien de ton voyage!

  4. Monie et Jean

    Si vous tournez en rond maintenant…départ de Salta…retour à Salta….
    Bizzzz

    • Mag

      Oui c’est vrai! Comme Bangkok en Asie, Salta aura été notre plaque tournante en Amérique du sud.

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