Un saut dans les vignes à Mendoza

Après une nuit en bus épuisante car on a encore réussi à se taper les SEULS RELOUS qui se disent qu’avoir une conversation à voix haute et éclater de rire à 3h du mat ne pose pas de problème (oui excusez-moi ils m’ont énervée), on arrive donc à Mendoza. Avec les yeux pas très bien ouverts, les cheveux en vrac et les fringues froissées. Il est 8h du matin, donc on sait à l’avance qu’on n’a peu de chance de trouver une chambre disponible de suite alors que là, on donnerait tout pour une douche et une petite sieste.

A ce moment-là, ça fait 12 jours que nous n’avons pas dormi plus d’une nuit au même endroit à force de prendre des bus et de changer d’auberges pour essayer d’en trouver une bien. Oui, faut bien dire qu’en Argentine, les auberges ne sont vraiment pas terribles. Ca fait plus squat de gens à cheveux gras qu’hotel. Les lits sont nuls et les draps pas très propres, les salles de bain très défraichies, les cuisines crados et les canapés des espaces communs déchirés et peu accueillants (un peu comme chez nous notre hôte coachsurfing quoi!).

On s’est donc fait à l’idée, et on se dit qu’on ne bougera pas d’auberge cette fois. Comme ça le matin on pourra dormir au lieu de se speeder pour refaire nos sacs et être à l’heure pour le check out de 10h (oui, au Chili et en Argentine, le check out est toujours à 10h).

La première auberge qu’on trouve est un peu chère, on part donc en voir une autre qu’on prend.

Le futur nous montrera que nous aurions du nous arrêter à la première. Même si celle-ci dispose  quand même d’un super jardin avec hamacs et des crêpes au dulce de leche au petit déjeuner! 

Donc évidemment la chambre n’est pas prête, on part squatter un café avec prises et internet prendre un petit déjeuner. A midi, enfin on peut s’installer!

Après une bonne douche, on part explorer la ville… et c’est le désert! On est dimanche, tout est fermé et les rues sont vides. La ville est quand même agréable avec ses trottoirs pavés, ses arbres qui font de l’ombre et ce grand soleil. Pour la première fois depuis notre arrivée en Amérique du sud, on peut ressortir nos shorts!

DSC04020Vu le peu d’activité, on décide de prendre un bus touristique qui nous emmène faire le tour de la ville avec des petits commentaires intéressants.

On découvre ainsi les nombreuses places de la ville, le magnifique parc San Martin et une colline d’où on a une vue sur toute la ville.

On choisit d’ailleurs de s’arrêter dans le parc pour une ballade d’une heure. Il est très grand, avec un joli lac en son centre, des arbres et des fleurs partout. Et on s’y sent un peu en France! Oui car le portail d’entrée est français et très comparables à ceux de Versailles, plus loin on retrouve les chevaux de Marly en statue et encore plus loin, une énorme fontaine inspirée de la place de la Concorde.

Le soir, on s’est inscrit à l’asado proposé par l’auberge. Au final, il n’y a que nous. On est déçus parce qu’un asado est toujours plus sympa avec du monde mais on se console rapidement en dégustant de l’excellente viande!

thermes de CacheutaLe lendemain, on prend le bus pour aller aux thermes de Cacheuta. Situées à 1h de la ville, en bord de rivière, elles regroupent plusieurs bassins, intérieurs et extérieurs, d’eau thermale plus ou moins chaude. On est jour férié et le site est rempli à craquer de famille avec enfants, beaucoup d’enfants. Et à cause de ce monde, on ne peut pas vraiment dire que l’eau des bassins soit très propre. Bref, on aurait mieux fait d’y aller le lendemain pour profiter dans le calme. Mais se caler au soleil en maillots est plutôt sympa.

A cause des embouteillages de ce weekend prolongé, on mettra d’ailleurs plus de 2h à rentrer.

Le jour suivant, on reprend le bus, mais cette fois pour se diriger vers Maipu, ville viticole. Et oui la région de Mendoza est connue internationalement pour son vin. Dans le bus on fait la connaissance de deux anglaises qui se joindront à nous pour la journée et arrivés au loueur de vélo, deux américaines nous rejoignent également.

DSC04066Et c’est parti pour 6km jusqu’à la première bodega, une des plus vieilles d’Argentine. On peut y voir des vieux futs en briques qui ne sont plus utilisés aujourd’hui. Et surtout, il y a dégustation: du torrontes, du malbec et du cabernet sauvigon. Mais ici il semblerait que verre de dégustation =  énorme verre!

On fera une deuxième bodega où on s’arrêtera manger avec une super vue sur la vigne et faire une deuxième dégustation. Elle nous permettra d’ailleurs de découvrir le Bonarda et de repartir avec une bouteille.

Il est ensuite trop tard pour voir les autres bodega, on se dirige donc vers une fabrique d’huile d’olive et là encore… dégustation! Cette fois-ci d’huile, de tapenade, moutarde, marmelade et liqueurs. On retiendra que seule la tapenade et la moutarde valent le coup et on repart d’ailleurs avec un pot de tapenade à l’ail pour notre repas du soir (ouioui on mange très équilibré).

IMG_4846D’ailleurs j’en profite pour faire une aparté sur la nourriture en Argentine. Alors oui, il y a l’asado ou parilla qui est vraiment excellent mais qui coute cher (entendons-nous, pour ici, mais ce n’est rien si on compare à l’équivalent français) et surtout, on ne va pas se nourrir de viande comme ça tous les jours. Le désastre écologique que ça représente n’a pas l’air de poser problème aux Argentins qui mangent 50kg de viande par an et par personne (plus que les Etats-Unis), mais à moi ça m’en pose un. Et alors si on sort de cette viande et bien c’est là qu’il devient très problématique d’arriver à manger correctement. Les alternatives bon marché vont être les pizzas, les panchos (hot-dogs) et les empanadas; mets trains sains. A part ça, pas grand chose.

On peut quand même parfois réussir à trouver de la salade mais son prix sera aussi élevé qu’un plat avec viande et surtout ce ne sera pas terrible. On dirait que les argentins ne savent pas comment faire une salade! Les différents ingrédients sont présentés de façon séparée et ne vont pas du tout ensemble. Bref, c’est un peu la tristitude dans l’assiette pour moi (Ben se régale par contre).

Donc je reprend, après notre dernière visite, on fait une pause au beer-garden avant d’aller rendre nos vélos au gentil monsieur qui nous offrira sans raison une bouteille de vin!

On a donc notre repas du soir: vin et tapenade!

DSC04087Le lendemain, après une grosse nuit pour reposer nos jambes, on va voir la terrasse panoramique de l’hotel-de-ville après qu’une gentille dame nous ait indiqué le chemin. Et ça sera l’occasion d’apprendre qu’ici on ne dit pas « ayuntamiento » mais « municipalidad».

Hop, deuxième aparté bien placé, on ne vous a pas encore parlé des différences sud américain versus espagnol. Alors globalement, on s’en sort plutôt très bien mais notre accent et notre vocabulaire ne nous permet pas de passer pour des argentins! Pour ce qui est de l’accent, il suffit que je parle 2min avec quelqu’un pour qu’il me dise « ah mais t’es espagnol toi! ». Et bah non raté, mais c’est plutôt flatteur. Et pour le vocabulaire, certains mots n’ont rien à voir.

Exemples:

  • Fraise se dit en espagnol « fresa » mais « frutilla » en am-sud
  • Pour dire au revoir en espagne on dit « hasta luego », ici on dit « chao »
  • Employer le verbe « coger » qui en espagnol veut dire prendre, serait ici perçu comme très bizarre car à connotation sexuelle donc on dit toujours « tomar »

Je reprends. Pour accéder à la terrasse, on doit passer par les ascenseurs de bureau de la mairie et ça nous fait vraiment vraiment bizarre de se retrouver au milieu de ces gens qui travaillent alors que nous sommes en tongs et shorts!

Au final la vue n’aura rien d’exceptionnel.

L’après-midi sera consacrée à planifier notre suite du voyage et l’arrivée de ma famille sous peu et le retour des micropotes au nouvel an.

Et Ben ira faire un foot avec des clients de l’autre auberge que nous n’avions pas retenu. Juste le temps de confirmer que si dans la notre c’est la mort niveau ambiance, dans la leur ça a l’air trop sympa.

Le soir, on fait une folie et on s’offre un restau de sushis. Oh oui, oh oui des sushis! Ca faisait 5 mois qu’on en avait pas mangé alors qu’avant c’était une fois par semaine au moins! Mais ici attention, c’est repas fête! Ca coute plus cher qu’un asado!

Enfin, pour notre dernier jour, Ben a décidé de faire un petit truc comme ça en passant… de sauter en parachute! Et c’est lui qui raconte.

Ouiii, c’est moi qui raconte.

Pour mon anniversaire l’an dernier, des amis forts sympathiques m’avaient offert un bon pour  accomplir un de mes rêves: sauter en parachute.

Je n’avais pas eu l’occasion de le faire avant de partir et m’était donc dis que si je trouvais une occasion pendant le voyage j’en profiterai.

Il se trouve que si Mendoza est si réputé pour son vin c’est qu’elle profite d’un climat assez exceptionnel et notamment d’un ensoleillement incroyable. Ce qui donne aussi de bonnes conditions pour le saut en parachute avec peu de vent en général et un ciel dégagé.

Il n’en fallait pas plus pour me motiver et je reserve donc un saut pour Jeudi matin.

Le van passe me chercher à 7h du mat (ça pique, surtout après le vin et le bar de la veille), dans le van il y a 6 personnes. Il s’avérera que le chauffeur est le prof de tandem, avec qui nous allons sauter, il y a sa fille qui s’occupe du travail à terre et un mec tout jeune qui est en fait le pilote de l’avion. Nous sommes donc trois à sauter ce matin là: un argentin et un anglais avec moi.

Pour l’instant je n’ai pas de stress, la seule sensation bien présente étant la fatigue et un petit mal de crâne.

IMG_4869Après une heure de route nous arrivons dans un tout petit aérodrome. Pendant que le staff prépare l’avion, on rempli des papiers peu rassurants qui attestent qu’en cas de problème et bien rien ne pourra se passer. Bon.

Un petit speech ensuite de la part d’Adrian, le moniteur qui nous détail son palmarès: quelques compétitions internationales de saut en équipe, des podiums nationaux, 26 ans de saut en tandem derrière lui. Il a arrêté de compter à 5000 sauts car depuis il en fait entre 3 et 10 par jour (!!) donc ça n’a plus de sens de compter. Nous voilà rassurés, contrairement au pilote, le gars à de l’expérience. Puis l’avantage du saut en tandem c’est qu’on est accroché au mec avec qui on saute. Donc à moins qu’il ne tienne pas à la vie, il est aussi un peu impliqué dans la sécurité du saut. Il nous explique rapidement les consignes pour le saut et puis c’est parti.

L’anglais passe en premier, pendant ce temps on discute tranquillement au soleil avec l’argentin (qui me confirmera d’ailleurs que les argentins font des asado en moyenne 3 fois par semaine!).

Puis quand l’anglais revient, des étoiles pleins les yeux, l’argentin part à son tour.

Je saute donc troisième, bien teasé par les deux premiers sauts.

Je monte dans le petit avion où l’on tient tout juste à trois. On fait des petites blagues, regarde le paysage et surtout on monte, monte, monte monte. Jusque là pas de stress, mais une sacrée excitation!

Et puis c’est parti pour de vrai, ça s’enchaine super vite: je me met à genoux pour que Adrian s’attache à moi (ou l’inverse), puis il ouvre la porte, le coeur commence à battre plus fort d’un coup. Il me fait signe et je passe mes jambes dehors. On est très haut, peut- être tellement haut qu’on réalise moins le vide. Au deuxième signe je dois me mettre presque entièrement dans le vide. Là c’est flippant, surtout parce que tu ne contrôles plus rien et tu ne vois pas ce qu’il se passe.

Et puis le grand saut, une sensation incroyable de tomber comme une pierre la première seconde. Puis on se rétablit, on est comme allongé dans l’air avec l’impression de voler. Tout va super vite et le coeur bat super fort, en terme de lucidité je ne suis plus vraiment au top à ce moment là.

Le temps de ne penser à rien, juste de crier, de sentir le vent, la chute, et la montée d’adrénaline.

Waaaaaaaahhhhhhooooouuuuuu.

Et d’un coup un ralentissement brusque, la chute libre est fini, le parachute est déplié, on se détend, on plane.

Là, petite touche maison, Adrian m’avait fait emmené une petite bouteille de vin. Un bon malbec que je bois tranquillement en me remettant de ces 30 secondes intenses. Oui, on est là pour le parachute, mais on est toujours à Mendoza, le vin s’impose.

D’ailleurs sous nos pieds ce ne sont que vignes sur des kilomètres et au bout les Andes enneigées.

Après quelques minutes comme ça, on atterrit en douceur. A ce moment là, il n’y a pas grand chose dans la tête si ce n’est l’envie de ressauter un jour!

2 thoughts on “Un saut dans les vignes à Mendoza

  1. Monie et Jean

    Je ne voudrais pas être désobligeante mai a mon avis vous allez revenir d’Argentine complètement alcoolos vu que vous passez votre temps à picoler…..
    Alors Maguy…tu te décides toi aussi pour un saut en parachute ?
    Bisous

    • Mag

      Pas de problemes Monie, le mal est déjà fait 🙂

      Maggy sautera … »quand on (lui) offrira pour (son) anniversaire ».

      En vrai elle a failli sauter avec moi, mais c’était pas assez peu cher.

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