La ville blanche de Sucre

Après Potosi et ses mines, on part vers une plus grande ville: Sucre, la ville où a été rédigé la constitution de la Bolivie au moment de son indépendance.

Une ville historique donc et il n’y a qu’à se balader dans son centre-ville pour le sentir et le voir ce passé historique. Les immeubles coloniaux aux façades blanches et aux toits de tuiles se succèdent. Certains font clairement penser à l’Andalousie. La place centrale à des airs de Plaza espagnole mais avec plus d’arbres. Le tout sur un fond de ciel bleu et les collines verdoyantes autour. Vous l’avez deviné, on a adoré se balader dans ces rues!

Pour les visites, c’est là que ça se complique. En effet, en plus de l’heure de la sieste (qui dure en fait 2h30), il semblerait que les horaires d’ouverture affichés ne soient absolument pas une garantie de voir l’édifice en question ouvert!

On est donc allé voir 3 fois un monastère pour espérer pouvoir monter sur son toit et avoir une vue qu’on nous a dit magnifique sur la ville, mais 3 fois on s’est retrouvé face à une feuille blanche nous indiquant que nous étions pourtant bien là aux bons horaires.

En plus, notre guide et les horaires affichés n’ont jamais concordé!

Mais nous n’avons pas baissé les bras, nous sommes mêmes restés un jour de plus pour réussir à faire les deux visites immanquables: la Casa de la Libertad et le Musée Ethnographique.

DSC05688Casa de la Libertad… Rien qu’au nom je suis sûre que vous avez deviné de quoi il s’agit mes petits inspecteurs gadgets. Bravo! Oui c’est bien là qu’ont été signé le traité d’indépendance et la constitution de la Bolivie. D’ailleurs, est-ce que vous saviez que le nom Bolivie vient de Simon Bolivar, le père de l’indépendance? Bolivar a une histoire assez proche de San Martin en Argentine: il part faire ses études en Espagne, entend beaucoup parler de la révolution française et décide de revenir en Amérique du Sud pour la libérer des Espagnols. Lui également finira sa vie loin de l’adulation dont il bénéficie aujourd’hui.

DSC05689Le Musée permet d’ailleurs d’apprendre que c’est une autre grande figure de l’indépendance: Juana Azurduy de Padilla qui mourra dans l’indifférence. Femme de chef militaire indigène, elle se bat à ses côtés contre les espagnols et continue le combat après sa mort. On la voit représenter sur des tableaux, à l’égal d’un héros de guerre (et c’est là qu’on se rend bien compte qu’on ne voit jamais de tableau avec des femmes en uniforme et l’arme à la main). Après l’indépendance elle part s’installer dans une village et reçoit, comme rente accordée par ce nouvel Etat qu’elle a aidé à mettre en place, quelques bolivianos et 5 mules… Voila, voila…Et pourtant Bolivar lui aurait dit que le pays aurait du s’appeler comme elle plutôt que comme lui. Pas radin en parole ce Bolivar mais pour ce qui est de l’argent, c’est autre chose donc.

Mais revenons à son histoire à elle. Elle mourra le jour de l’anniversaire de l’indépendance du pays et sera enterrée dans une fausse commune avant que quelques jours plus tard, une fois la fête terminée, quelqu’un se rende enfin compte de qui elle était. On ira donc la récupérer pour lui faire de vrais funérailles de héros.

La visite aura donc été intéressante mais difficile à suivre parce qu’il semblerait que les boliviens aiment bien emmener tous leurs enfants à ce genre de truc. Imaginez, une dizaine d’enfant debout 1h30 pour écouter une femme parler de déclaration d’indépendance, de traité et de présidents. Bon bah, c’est le bordel forcément: ça crie, ça pleure, ça joue à chat et compagnie.

On a eu beaucoup plus de chance sur le Musée Ethnographique. Dans un couloir très sombre sont alignés des masques utilisés dans différentes célébrations. Certains sont épurés et d’autres sont incroyablement grands et complexes. Et ce qui est marrant c’est que le style utilisé fait beaucoup penser aux masques asiatiques. Malheureusement, on ne peut vous montrer aucune photo car elles sont interdites. Et là, très certainement parce que beaucoup des masques sont effrayants, il n’y avait pas un gosse!

Mais nous n’avons pas fait que nous cultiver à Sucre… On est allé dans la même auberge que Nico, Flo et Yvan (les 3 français qui étaient avec nous à Potosi), le Kultur Berlin, et on a profité des animations de l’auberge: spectacle de danses folkloriques, happy hour et dancefloor.

Et Ben a même eu la surprise de tomber par hasard sur une ancienne connaissance que nous appellerons L.M. : sur tous les pays du monde, sur toutes les villes de Bolivie et sur tous les bars de Sucre, le destin a fait que nous nous sommes retrouvés au même endroit au même moment. Incroyable!

Après ces 2 jours bien remplis à Sucre, tout notre petit groupe de français reprend la route en direction de Samaipata.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>