Vis ma vie de nomade en Mongolie

Alors oui, c’est vrai, j’ai pâlit quand on nous a proposé la formule «5 jours sans douche ni toilette et avec des gens que tu ne comprends pas mais tu vas voir c’est un énorme choc culturel »: j’ai préféré opter pour un chocounet et Ben m’a gentiment suivi.

 

Et après avoir vécu ces 3 jours, je n’ai aucun regret:

  1. La présence du guide nous a permis de poser beaucoup de questions et de comprendre, au-delà d’observer, la culture mongole.
  2. Les 3 journées ont été bien remplies et nous ont permis d’avoir une bonne vision de la vie des nomades.
  3. Nous avons pu vivre cette expérience avec une 3e personne, un certain Aashish Benjamin, qui nous a appris beaucoup de choses sur son pays, l’Inde.

 

Comment se sont passés ces 3 journées?

 

1er jour:

Le départ de l’auberge est prévue à 9h30 et nous sommes prêts depuis 9h. Finalement nous ne monterons dans le minivan qu’à 10h45. Nous y rencontrons notre chauffeur, qui ne parle pas un mot d’anglais et Aashish, un indien qui voyage seul et fera l’excursion avec nous. Nous nous arrêtons en cours de route pour prendre notre guide qui s’appelle Wu (prononcé Wou) ce qui donne lieu à un petit temps mort quand elle se présente « Hello, I’m Wu ».

On fait aussi de petites courses: bières, jus de fruits, gateaux et vodka.

 

Et c’est parti, on se dirige vers la première famille nomade qui nous accueillera ce soir. En route, on s’arrête pour le déjeuner et c’est l’occasion d’apprécier la cuisine mongole. On repart et après plusieurs heures on découvre les lieux, magnifiques: une grande pleine et une petite montagne au pied de laquelle se trouve 3 yourtes, un enclos et plus loin les troupeaux de vaches, chèvres et chevaux.

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On rentre dans la yourte du couple qui nous hébergera et on se voit offrir la boisson traditionnelle: le milk tea soit du lait, du thé et du sel le tout chauffé ensemble. Ca n’est pas mauvais, ça à un peu le gout de l’eau dans lequel on fait cuire le riz. Je n’en ai jamais bu mais je c’est tout de suite l’impression que ça donne. Notre nouvel ami indien confirmera d’ailleurs cette impression car dans son pays, l’eau du riz se boit.

En dégustant notre milk tea, on découvre aussi l’intérieur de la yourte. L’endroit est rond (non, c’est pas vrai, c’est rond une yourte?!) et le toit conique avec une ouverture au sommet pour laisser sortir la cheminée du poêle situé au centre de la yourte, entre les 2 poutres qui soutiennent la structure. On y trouve 2 petits lits qui font aussi office de canapé. Pas de douche ou de chose y ressemblant mais par contre il y a une télé: chacun ses priorités!

 

Wu nous explique rapidement qu’il y a des superstitions à respecter: rien ne doit passer entre les deux poteaux centraux, on prend et donne une chose toujours de la main droite et on ne marche jamais sur la petite marche à l’entrée de la yourte. Apparemment il y a bien plus de superstitions que ça, mais 1/ elles se perdent 2/ ça serrait trop long de les expliquer toutes.

 

On nous montre ensuite la yourte ou nous allons dormir, à côté avec 3 lits, une ouverture en haut. et une odeur bizarre… qu’est ce que c’est? Ah ok, il y a un sceau avec du crottin séché dans la yourte. C’est pour le feu…Puis on se balade dans la plaine, on va voir les animaux, on grimpe sur la montagne avant de finalement boire une bière en haut de celle-ci, avec une vue superbe sur l’immensité du paysage. En bas les hommes font des va et viens entre leur ger (yourte) et leur troupeaux pour déplacer ceux-ci ou les resserrer.

A défaut d’avoir le paysage vraiment verdoyant et les températures plus élevées de l’été, l’avantage de venir au printemps c’est que c’est évidement la période des naissances. On à donc été accueilli par des tout petites veaux, des tout petits agneaux et un poulain de 2 jours qui n’arrivait pas encore à bien marcher. C’était super mignon et hyper drôle!

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Le soir, repas tous ensemble dans la yourte de la famille, à base de home made noodles en bouillon avec du mouton (le mouton chez les nomades c’est la base, il faut le savoir!) puis chacun dort dans sa yourte.

Ils nous ont gentiment allumé le poêle dans la notre après le repas mais en nous prévenant bien qu’il s’arrêterait rapidement et qu’après il allait cailler (ben oui, environ 0 degrés dehors et il y a une ouverture énorme dans le toit de notre yourte…)

La guide, elle, dort avec la famille et le chauffeur… dans le van!! (le fou!).

 

2ème jour:

On est réveillés assez tôt car 1/ le jour rentre dans la yourte 2/ on s’est couchés très tôt la veille. Mais ce qui nous sort vraiment de notre sommeil c’est une vache qui met des coups dans la yourte pour essayer de la transpercer (on suppose, on ne lui a pas demandé). Dans tout les cas c’est assez impressionnant car elle à l’air de prendre de l’élan à chaque fois et les coups sont lourds et violents. Là on ne bouge plus et on espère que la yourte est bien solide… je vous confirme ça l’est!

 

Après un bon petit déj (classique, rien à signaler) place à un petit tour de cheval le temps d’aller remettre un troupeau en ordre et de revenir. Bon, on ne peut pas dire qu’on soit près à aller faire un saison de cow-boy dans le Nevada, pour tout avouer on était chacun sur un cheval et le mec sur son cheval devant nous tenait les trois nôtres… on n’a donc pas pu réellement tester nos capacités. Dans tous les cas c’était quand même assez drôle.

A noter que les chevaux mongols sont assez petits, ça surprend.

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Le cheval fini, on remonte dans le van pour aller visiter un monastère bouddhiste au beau milieu de nul part. Encore un lieu magique, et une histoire assez glauque puisque ce monastère était très grand et accueillait 300 moines jusqu’au jour ou il à été rasé par les communistes dans les années 30 et les moins massacrés et émasculés pour une bonne partie… voilà voilà. Dans les années 90 après la fin du communisme, certains bâtiments ont été reconstruits.

 

On reprend la voiture direction les dunes de sable que l’ont voyait au loin depuis le début, quelques balades dans le sable et on file dans une nouvelle famille chez qui on déjeunera avant de faire un bon tour de chameau. Là pas de problème, chacun son chameau, en autonomie et on essaie tant bien que mal de le faire avancer, empêcher de manger tout ce qui passe et s’arrêter quand il le veut! C’était bien sympa, mais ça fait sacrément mal aux fesses!

 

On remonte dans le van un peu plus tard direction une troisième famille chez qui on passera la nuit  avant d’aller le lendemain matin dans un parc de réintroduction des chevaux sauvages.

On arrive donc dans cette famille et on voit 2 yourtes près de l’enclos. Le cadre est sympa, mais on a tellement rêvé la veille qu’il nous paraît juste bien. Bref on demande à la guide si on met nos affaires dans la deuxième yourte… Elle nous explique que non, que la deuxième yourte est condamnée et que l’on dormira tous dans la yourte du couple… on se compte rapidement: Aashish, Mag, Ben, Wu, le driver, le couple… ah OK! ça va être sympa 🙂

Bon, c’est pas grave, c’est marrant ça fait parti de l’experience! Peu de temps après on cherche des yeux les planches de bois entourant un trou dans le sol qui servent habituellement de toilettes. n’en trouvant pas on demande à Wu comment ça se passe, elle rigole et nous dit « it’s natural » = tu t’éloigne un peu, trouve un endroit plus ou moins caché et tu fait ce que tu as à faire là… OKKKKK. Bon ça passe… jusqu’à ce qu’il se mette à neiger, là c’est moins fun déjà!

 

Rebelotte le soir: bières, aide au rentrage des bêtes dans l’enclos et diner (fun fact: Aashish, trouvant les plats toujours trop fades à l’étranger avait pris dans sa valise sa bouteille de tabasco. Il en met donc -énormément- dans son plat et en propose aux autres… ça à été un vrai sketch de les voir s’étouffer les uns après les autres en découvrant ça.) Avant de se coucher (tous dans la même yourte donc: 2 par lit et 2 par terre, le dernier étant toujours dans le van!)  Wu nous annonce que le lendemain ils vont castrer les moutons et nous demande donc si on veut y assister ou pas. Evidement on est partants! c’est toujours intéressant de voir comment ça se passe.

 

 

3ème jour.

La nuit se passe, au réveil il neige, la coupe-coupe party est donc annulée. Cependant, comme le couple reçoit des amis d’UB ce jour-là, ils vont tuer un mouton pour le préparer pour le repas.

Wu nous dit alors que le mec est en train de commencer donc si on veut voir comment ça se passe, c’est maintenant dehors.

On sort donc, surpris de trouver l’homme juste devant la yourte avec son mouton attaché. Là on découvre la technique pour tuer un animal (ne s’applique pas aux chevaux ni aux chameaux) des nomades mongols (les nomades d’origine Kazhak, musulmans, procèdent par égorgement).

Donc la technique est la suivante: on fait un incision dans le bas ventre de l’animal, on rentre la main et on va chercher une artère pour la couper et ainsi arrêter le coeur. Efficace et sans taches.

Ce qui nous stupéfait le plus c’est que le mouton pendant tout ça ne fait pas le moindre bruit! On apprendra que les moutons sont des animaux très silencieux qui ne crient jamais, même dans la mort.

Donc voilà, mouton is dead. L’homme le rentre de suite dans la yourte pour le dépecé devant nos yeux incertains et devant le guide qui termine son petit dej.

On assiste donc à tout: vidage des intestins, sortie du sang, de tripes etc etc. Il est 9h30, ça met dans la yourte une odeur de boucherie, mais ça va. Pour tout le monde c’est tout à fait normal donc on va pas sortir vomir non plus.

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Une demi heure plus tard, alors que l’homme est passé au dépeçage pendant que sa femme commence à nettoyer les abats, on dit au revoir (en évitant bien le serrage de main) et on part direction le parc de Hustain Nuruu tenter de voir les derniers chevaux sauvages du monde.

On en verra une douzaine (sur 300 dans le parc) ce qui n’était pas gagné, et on rentrera tranquillement sur UB dans l’après-midi.

Heureux, sales, instruits, sales, émerveillés et quand même un peu sales!

 

Même si le tour était très court (les gens partent en général de 4 à 20 nuits, voire plus) et si ça ne nous à permis que de voir une infime partie de cet immense pays, c’était vraiment génial.

On a appris énormément sur la culture mongole, le mode de vie des nomades (et aussi sur l’Inde, mais ça c’était en bonus) et on à pu apercevoir la splendeur des paysages mongols.

Au top quoi!

 

5 thoughts on “Vis ma vie de nomade en Mongolie

  1. MARTARECHE

    Super intéressant ! je crois que je serais tomber dans les pommes face au mouton !!!
    mais quand on n’aime pas le mouton , on mange quoi ? lol
    Je vais vous appeler « Indiana et Indianette font le tour du monde »
    c’est mieux que « Martine à la campagne » !!!
    Bisous

    • Mag

      Si tu n’aimes pas le mouton, tu ne manges pas de viande là-bas! Et Martine a une vie bien trop paisible pour en faire des aventures!

  2. Combet

    C’est super, vous nous donner l’impression de voyager avec vous ( sans les odeurs, le froid et les tremblements de yourte). Merci.
    Ça fait plaisir de vous savoir plus que satisfaits, nous étions en Bretagne le week end dernier, c’est pas mal non plus (lol). Continuez à bien profiter et partager avec nous. Je vous embrasse. Katty

  3. Seb

    Coool!
    Si vous tenez ce rythme de billet pendant 12 mois vous pourrez même nous demander une participation aux frais en rentrant pour tour du monde par procuration!
    Sinon naëlle plébiscite les photos avec vos tronches (oui je sais elle a des goûts particuliers) et les vidéos (si possible celles avec des maggys qui se vautrent).
    Bisous

    • Ben

      On va essayer, on mettra un lien pour des dons comme sur wikipedia peut être 🙂

      dans tous les cas, les photos de nous arrivent, Naêlle va pouvoir apprendre les yourtes et la muraille de Chine!

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